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LE REGULATEUR

DU MAÇON

 

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TROISIEME GRADE

OU

GRADE DE MAITRE

 

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SECTION PREMIÈRE.

 

DES PRÉLIMINAIRES

 

 

Un compagnon ne pourra être admis au troisième grade qu'il n'ait fait son temps, c'est-à-dire, qu'après trois mois et demi au moins, depuis son admission au grade de compagnon.

 

(On entend par-là que le comp.·. ait assisté à sept assemblées, (qu'on a supposé se tenir de quinzaine en quinzaine) en supposant qu'il ait l'âge requis par les règlemens, qui est 25 ans accomplis.

 

Tout compagnon qui, ayant accompli les conditions précédentes, désirera être admis au grade de maître, en fera la demande en particulier au F.·. .·. premier Surveillant.

 

Au moment où ce dernier jugera que les travaux permettront de s'occuper de cette demande, il dira: «Très Vén.·.,

le F.·. N.·., compagnon de cette R.·. Loge, demande la faveur d'être admis au grade de maître».

 

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Le Vén.·. dit:

«Frères premier et second Surveillans, annoncez sur vos colonnes que le F.·. N.·. est proposé pour être admis au grade de maître. Demandez aux Frères leurs observations».

Les Surveillans font l'annonce en la manière accoutumée; en cet instant, si le F.·. proposé est présent, il demande la permission de couvrir le Temple.

Quand les observations sont faites, de quelqu'espèce qu'elles soient, ou s'il n'y en a pas, les apprentis et les compagnons sont tenus de couvrir le Temple.

Sortis, le Vén.·. ouvre les travaux de maître, comme il sera dit plus bas; puis il demande de nouveau les observations: s'il y en a quelques-unes, on les discute, et la Loge, composée des seuls maîtres en délibère sur les conclusions du Frère Orateur, et par la voie duscrutin, si quelqu'un le demande. Si le scrutin est favorable, le V.·. y fera applaudir par la batterie du grade, ainsi qu'on le dira dans un moment, et on indiquera le jour pour la réception, et le F.·. Secrétaire en fera mention dans l'esquisse du jour.

Après que la réception est arrêtée ou différée, on ferme les travaux de maître, et on fait rentrer les compagnons, si les travaux de ce grade restent en vigueur, sinon on les ferme pour continuer ceux d'apprenti, et l'on fait rentrer tous les Frères.

 

SECTION DEUXIEME

RÉCEPTION

Premier Préalable

 

Tous les maîtres seront invités, en la manière accoutumée, pour le jour qui aura été arrêté dans la dernière assemblée. Les planches de convocation doivent contenir l'annonce d'une ré-

 

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ception au grade, et l'invitation de se vêtir en noir. On fera parvenir une planche au compagnon proposé.

 

Deuxième Préalable

 

Au jour indiqué pour la réception, tous les maîtres seront admis. Le Vén.·. ouvrira les travaux d'apprenti puis il fera faire la lecture de la planche des travaux de l'assemblée précédente: ensuite il ouvrira ceux de compagnon; après quoi, il engagera les FF.·. premier et second Surveillans à parcourir l'une et l'autre colonne, pour s'assurer si tous les FF.·. sont maîtres, en leur demandant séparément et à vois basse, les mots, signe et attouchement, formalité qu'il est bon d'observer, tant pour éviter les abus, que pour entretenir tous les FF.·. dans la connoissance des mots, que quelqu'uns pourroient oublier.

Lorsque les Surveillans sont de retour à leur place, ils rendent compte des FF.·. qu'ils ont trouvé peu instruits. Si ce sont des FF.·. de la Loge, le V.·. Ies invite à s'instruire, et leur ait passer les mots qu'ils ont oubliés. Si ce n'est des Visiteurs, il faut absolument qu'ils couvrent les travaux.

Quand on se sera assuré que tous les FF.·. sont maîtres, le Vén.·. ouvrira les travaux de la manière qui va être dite.

Dès ce moment, tous les FF.·. ont le titre de Vénérables, et le Vénérable, celui de Respectable.

 

OUVERTURE DES TRAVAUX

 

Tout étant disposé comme on vient de le dire, le Très-Respectable frappe un coup de maillet et dit :

«A l'ordre mes Frères, glaive en main».

Il tire son glaive, qu'il tient de la main gauche; tous les

 

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maîtres en font autant, le tiennent aussi de la main gauche, la pointe contre terre, et se mettent à l'ordre.

L'ordre est de tenir la main étendue horizontalement, le pouce contre la poitrine, et les quatre doigts serrés les uns contre les autres. Cet ordre, est celui de repos.

Le Très-Respectable fait les sept questions suivantes.

D. V.·. F.·. premier Surveillant, quel est le premier devoir des Surveillants en Loge de maître ?

R. T.·. R.·. C'est de s'assurer si tous les FF.·. sont maîtres.

D. En êtes-vous assuré ?

R. T.·. R.·. Nous le sommes.

D. V.·. F.·. premier Surveillant êtes-vous maître.

R. T.·. R.·. Eprouvez-moi, I'acacia m'est connu.

D. Donnez-moi le .signe de maître.

(Il le fait).

D. V.·. F.·. second Surveillant, quel âge avez-vous ?

R. Sept ans et plus,

D. A quelle heure ouvre-t-on les travaux '?

R. A midi. T.·.R.·.

D .V.·. F.·. premier Surveillant, quelle heure est-il '?

R. Il est midi.

Le T.·. R.·. dit :

Puisqu'il est midi, Vén.·. FF.·. premier et second Surveillants, invitez les FF.·. , chacun sur votre colonne, à se réunir à moi pour ouvrir les travaux au grade de maître».

Les FF.·. Surveillants répètent l'annonce.

Après l'annonce, le T.·. R.·. frappe neuf coups de maillet, formé en la batterie d'apprenti répété trois fois; les Surveillans en font autant, après quoi, le T.·. R.·. dit :

«A moi, mes Frères».

 

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Tous les Frères ayant les yeux sur le T.·. R.·. , font le signe de maître, et l'applaudissement par neuf, qui est celui d'apprenti répété trois fois.

Enfin le T.·. R.·. dit:

Les travaux de maître sont ouverts».

Les Surveillants l'annoncent sur leur colonne.

Le signe se fait debout et à l'ordre, en portant la main à la hauteur du front, la paume en dehors, la tête un peu effacée du côté droit, et faisant un mouvement de corps en arrière.

Le T.·. R.·. pose son glaive nu sur l'autel, puis il charge les Surveillants d'inviter les FF.·. à s'asseoir.

Ce qu'ils exécutent.

Les travaux étant ainsi ouverts, le T.·. R .·.dit:

Mes Frères, vous avez donné votre consentement pour l'admission du F.·. N.·. à la maîtrise. Si quelqu'un de vous a aujourd'hui des causes légitimes pour y former opposition, c'est ici le moment de la faire. Votre silence prouvera que vous persistez dans votre consentement».

S'il y avoit quelqu'opposition, il faudroit l'entendre, la discuter et la juger sur les conclusions du F.·. Orateur; et si

elle étoit jugée valable, il faudroit rompre l'assemblée, et se séparer en remettant la réception.

Si le silence règne sur les colonnes, le T.·. R.·. dit:

«F.·. Maître des Cérémonies, faites avertir le F.·. Préparateur d'amener l'Aspirant».

Le Récipiendaire doit avoir été auparavant conduit et enfermé dans la chambre des réflexions, sur les murs de laquelle on aura placé des maximes analogues à la réception; là le F.·. Préparateur lui aura disposé l'esprit et l'imagination, par des discours sensés, sérieux et moraux, relatifs à l'importance du grade.

 

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Si quelque raison retardoit l'arrivée du Récipendiaire, le T.·. R.·. feroit quelques questions tirées de l'instruction.

Le F.·. Préparateur aura soin de faire remettre au T.·.R.·.le chapeau et l'épée de l'Aspirant

Un F.·. de chaque colonne prendra un des rouleaux, pour s'en servir comme il sera dit.

 

 

RÉCEPTION PROPREMENT DITE

 

Au moment où on annoncera ce compagnon, on éteindra les bougies. Une lampe de métal, ou d'autre matière non transparente, de forme antique, suspendue au milieu de la Loge, suffira pour éclairer jusqu'au moment de la réception. On aura soin que la lumière placée dans la lampe, n'excède pas les bords, afin que les objets intérieurs ne puissent être distingués.

On placera de même sur l'autel, une lampe dont la lumièrefoible ne réflichira que sur le T.·. R.·. , à peu près comme sont les lanternes sourdes. Tous les Frères seront vêtus de noir le chapeau en tête et rabattu, glaive en main, tablier fond blanc, bordé de bleu.

Ils se placeront sur deux lignes, au milieu de la Loge, sur des banquettes placées suivant la longueur du tableau, mais à une distance suffisante pour laisser passage entre eux et le tableau, et de manière encore que les voyages se fassent derrière eux.

Le récipendiaire, arrivé à la Porte du Temple, frappe en compagnon; il doit être habillé, c'est-à-dire, avoir son tablier de manière qu'on puisse le lui enlever sans résistance.

Le F.·. Couvreur annonce au second Surveillant qu'on frappe en compagnon; celui-ci le rend au premier, qui le dit à haute voix au T.·. R.·.

 

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Le T.·. R.·. dit:

«Quel est le compagnon assez osé pour venir troubler nos travaux ?

F.·. premier Surveillant, faites voir qui frappe.

Le premier Surveillant donne cet ordre au second, qui dit au F.·. Couvreur: «Mon F.·. , voyez qui frappe».

Le F.·. Couvreur entr'ouvre la porte et demande qui frappe.

Le F.·. Préparateur répond: «C'est un compagnon qui a fini son temps, et qui demande à être reçu Maître».

Quand cette réponse est parvenue au T.·. R.·. , toujours par la voie des Surveillans, il dit:

«Demandez-lui son nom, son surnom, son âge, et son état civil».

Cette demande parvient à l'Aspirant comme la première.

Le F.·. Préparateur répond.

Le F.·. Couvreur ferme la porte, qu'il ne doit à chaque fois qu'entr'ouvrir, et quand la réponse est parvenue au T.·.R.·., il dit: «Faites-lui demander son âge maçonnique, où il a travaillé, et sur quoi il s'est exercé».

La demande parvenue au F.·. Préparateur, il répond:

«L'Aspirant a cinq ans passés; il a travaillé à l'extérieur du Temple sur la pierre polie, et a préparé les outils».

Quand cette réponse est parvenue au T.·. R.·. , il dit: «Faites-lui demander s'il est bien sincèrement disposé à remplir les devoirs d'un maître Maçon, et s'il n'a rien à se reprocher sur les sermens qu'il a précédemment contractés».

La demande parvenue à l'Aspirant, il fait sa réponse qu'on fait passer au T.·. R.·.

Le T.·. R.·. frappe un coup de maillet, et dit:

«Introduisez le compagnon».

 

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Les portes s'ouvrent. Le Préparateur introduit l'Aspirant, le fait marcher en reculant jusqu'entre les deux Surveillans, où il le tient le dos tourné à l'0.·.

Les portes se referment avec bruit.

Le T.·. R.·. d'un ton ferme dit:

«Emparez-vous du compagnon; ayez soin qu'il ne puisse rien voir de ce qui se passe ici, jusqu'à ce que nous soyons assurés qu'il est digne de nos mystères».

Les Surveillants le saisissent. Le premier Surveillant lui pose la pointe de son glaive sur le cur.

Le T.·. R.·. dit :

«Compagnon, jurez et promettez, sous les peines auxquelles vous vous êtes soumis à votre premier engagement, de ne rien révéler de ce que vous pourrez apercevoir ici, et de n'en rien communiquer à aucun compagnon ni apprenti, dans le cas même où vous ne seriez pas admis au grade que vous paroissez désirer».

L'Aspirant répond «Je le jure».

«Promettez de répondre avec candeur et franchise auxquestions qui vont vous être faites».

L'Aspirant doit répondre: «Je le promets».

Après cette réponse, le T.·. R.·. dit:

«Compagnon, que demandez-vous ?»

(Il répond)

«Est-ce bien le désir de vous instruire qui vous anime ?»

(Il répond)

«Avez-vous quelque connoissance du grade que vous demandez ?»

(Il répond)

LeT.·. R.·. dit:

 

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«F.·. Expert, faites faire le premier des neuf voyages mystérieux».

Les surveillants reprennent leur places.

Le F.·. Expert placé à la droite du récipiendaire, lui porte la pointe d'un glaive sur le coeur, et lui en fait saisir la lame à peu près au tiers, de la main droite : le F.·.Expert tient la garde du glaive de lamain droite, et de la gauche il saisit fortement la gauche du récipiendaire, et lui fait faire le tour de la Loge en le poussant devant lui, sans s'arrêter à l'Orient et commençant par le Midi. Il a soin, pendant ce voyage, de lui faire tourner le dos à l'intérieur.

Après que le T.·. R.·. a ordonné le voyage, il ajoute:

«Vous tous maîtres, membres de mon conseil, vous connoissez le compagnon: venez me rendre compte de ce que vous en avez appris, afin que nous réglions la conduite que nous tiendrons à son égard, sur la manière dont il s'est comporté depuis qu'il a été admis parmi nous.

«Compagnon, craignez de tourner la tête».

Les Surveillants gardent leurs places.

Neuf des maîtres s'assemblent autour de la représentation, où le dernier maître a dû se coucher (*); ils forment entr'eux la chaîne d'union. Le T.·. R.·. fait passer à sa droite, tout bas, I'ancien mot de maître J.·. , qui doit lui revenir par la gauche. Ceci doit se faire dans le plus grand silence, avec un appreil imposant, de manière à inspirer au Récipiendaire quelqu'inquiétude sur la conduite qu'il a tenue, et sur les légèretés qu'il a pu se permettre.

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(*) Comme cette réception est un peu longue, il est bon d'avoir un matelas très étroit, sur lequel se couchera le dernier maître, de peur qu'étant couché sur le plancher. Ia fraîcheur ou le froid ne l'incommode

 

 

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Nota: Si la Loge est trop petite pour que le Récipiendaire puisse faire les voyages par-derrière les Frères, ceux-ci se placeront tous au centre sur deux rangées de banquettes, comme on l'a dit ; mais ce déplacement doit se faire sans bruit.

Quand le Récipiendaire est de retour à l'Occident, le F.·. premier Surveillant frappe un coup, et dit tout haut:

«T.·. R.·. , le premier voyage est fait».

Les neuf maîtres qui s'étoient levés pour tenir conseil avec le Respectable, restent debout autour de la représentation;

le T.·. R.·. seul retourne à sa place, frappe un coup de maillet, et dit:

«Compagnon, vous êtes soupçonné d'une faute grave. F.·. Conducteur, arrachez-lui son tablier, il n'est pas digne de le porter».

Le F.·. Préparateur le lui arrache.

Le T.·. R.·. continue:

«Votre conscience ne vous fait-elle aucun reproche ? Soyez sincère, souvenez-vous de la promesse que vous avez faite il n'y a qu'un instant: répondez».

Après la réponse du Récipiendaire, le T.·. R.·. Iui dit:

«La vie de l'homme ici-bas n'est qu'un passage».

Puis il ajoute:

«Faites faire le second voyage».

Il lui dit:

«Compagnon, pendant ce voyage, scrutez les replis de votre âme».

Le R.·. quitte sa place, et vient se joindre aux neuf maîtres, autour de la représentation.

Lorsque le Candidat est de retour à l'Occident, le premier Surveillant frappe un coup de maillet, et dit:

«Le second voyage est fait».

Le T.·. R.·. retourne à sa place, et dit:

«Le crime et l'innocence, le mensonge et la vérité, ont

 

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des caractères qui ne permettent pas qu'on les confonde: hé bien, compagnon ! Votre conscience ne vous fait-elle aucun

reproche ?»

Il répond: non (et c'est l'ordinaire). Le R.·. dit:

«F.·.Expert (ou Conducteur), faites retourner le compagnon; qu'il voie à quel excès peut nous porter l'oubli de nos devoirs.

«Considérez quelle est la cause du deuil où nous sommes».

Le F.·. Expert lui fait faire trois pas en arrière, le tourne vers la représentation; les neuf maîtres qui étoient restés debout autour, se retirent un pas en arrière, portant la main droite sur le cur, à l'ordre de maître; de la gauche dirigent la pointe de leur glaive vers la représentation, et tournent le visage vers le Récipiendaire.

Après un moment de silence, le T.·. R.·. dit:

«F.·. Expert, le compagnon paroît-il ému ? Rien ne décèle-t-il le coupable?»

Le F.·. Expert répond: «Non, T.·. R.·. ».

Le T.·. R.·. maître dit d'un ton imposant: «Chaque instant nous mène à notre fin dernière; le vrai Maçon ne la craint pas, ni ne la désire».

Puis il ajoute:

«F.·. Expert, faites faire le troisième voyage».

Quand le Récipiendaire est de retour à l'Occident, le premier Surveillant frappe un coup de maillet, et dit :

«Le troisième voyage est fait».

Le T.·. R.·. frappe un coup de maillet.

Les neuf maîtres qui étoient debout, reprennent leurs places.

Si tous les maîtres ont été obligés de s'avancer vers le cen-

 

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tre, pour raison de la petitesse du local, ils reprennent en cet instant leurs places.

Le T.·. R.·. dit :

«Compagnon tout vous annonce ici le deuil et la tristesse: vous êtes soupçonné d'avoir participé à la perfidie de compagnons scélérats; avez-eu connoissance de leur complot détestable ?»

Il répond: «Non».

Le T.·. R.·. dit :

«Quel sera votre garant ?»

«Ma parole d'honneur, et ma foi de Maçon».

Le T.·.R.·. dit:

«Je les reçois; I'une et l'autre sont sacrées parmi nous, confirmez-les, par un signe qui ne nous laisse rien à désirer».

Il porte la main sur le cur, à l'ordre de compagnon.

Le T.·. R.·. continue:

«Ne soyez pas surpris, compagnon, des précautions que nous prenons vis-à-vis de vous; depuis la mort de notre respectable maître, tous les compagnons nous sont suspects, et vous avez dû vous en apercevoir par la manière dont on vient de vous traiter; I'assurance et la naïveté de vos réponses, ont détruit nos soupçons à votre égard, et vous ont mérité notre confiance. «Tachez de vous rendre digne de la faveur que vous sollicitez. L'homme vulgaire se laisse prendre à l'apparence, mais le vrai Maçon sait l'écarter, pour s'élever jusqu'à la vérité.

«F.·. compagnon, persistez-vous dans le désir que vous avez témoigné, de parvenir au grade de maître ?»

Il répond: «Je persiste»

Le T.·. R.·. lui dit:

 

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«Mon Frère, toutes les épreuves que vous avez subies jusqu'à ce moment, les préceptes qui vous ont été donnés, n'ont eu d'autre but que de vous faire parvenir dans l'intérieur, où vous acquerrez des connoissances particulières et satisfaisantes: on ne peut y entrer qu'avec une âme pure. Nous ne pouvons pénétrer les replis de votre cur; soyez vous-même votre juge, et craignez les remords. Les maîtres se sont plu à vous former: vous allez désormais être chargéd'enseigner les compagnons et les apprentis. Que la vertu soit le motif et l'objet de vos préceptes. Ne perdez jamais de vue que le bon exemple produit des effets bien plus sûrs, que les leçons les plus sages.

«Oui, mon Frère, tout ce que vous avez vu jusqu'à présent dans la Maçonnerie, tout ce que vous y verrez par la suite, est couvert du voile mystérieux de l'emblème; voile que le Maçon intelligent, zélé et laborieux, sait pénétrer. Faites bien attention à ce qui vous est arrivé, et à ce qui vous arrivera. N'oubliez pas les trois voyages mystérieux que vous avez fait: le grade en exige neuf, mais la Loge veut bien les réduire à trois.

«F.·. Expert, faites monter au F.·., les sept marches du Temple. Qu'il y entre par la porte d'Occident, et vous me le présenterez quand il en sera temps, par les trois pas mystérieux. Vous Frères de l'une et l'autre colonne, n'oubliez pas votre devoir».

(Cet avis est pour les deux Frères qui se sont munis de deux rouleaux.)

Le F.·. Expert fait monter les trois premières marches, en partant du pied droit.

Arrivé au premier palier, il donne le signe d'apprenti ; il monte deux autres degrés, et sur le second palier il donne

 

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le signe de compagnon, il monte les deux dernières marches, et s'y arrête sur le pavé mosaique, toujours au signe de compagnon, les deux pieds en équerre. Arrivé en cet endroit, le récipiendaire se trouve avoir les pieds assez près de la tête du F.·. , qui comme nous l'avons dit, est couché à terre, mais il ne peut le voir, attendu qu'il est entièrement couvert d'un voile noir. Le F.·. qui est couché doit avoir la jambe gauche étendue; la droite pliée équerre, le genou élevé, le bras gauche étendu, et le droit, à l'ordre de compagnon.

Quand le Récipiendaire est arrivé en cet endroit, le T.·. R.·. Iui dit :

«Les deux premiers grades vous ont appris à connoitre l'usage des instrumens, et l'emploi des matériaux. Vous vous attendez sans doute à trouver dans celui-ci le développement des emblèmes sous lesquels la vérité s'est, jusqu'à présent, dérobée à vos yeux: mais tout dans l'univers est sujet à d'étranges révolutions: tout périt !

«Le temple que Salomon s'étoit plu à élever au roi des rois, éprouva ce sort funeste. La mort inattendue du chef de cette magnifique entreprise, peut vous retracer, par anticipation, la ruine de ce temple fameux, que l'histoire nous représente sans cesse détruit, et sans cesse renaissant de ses propres ruines.

«Salomon fils de David, célèbre par sa sagesse et par l'immensité de ses connoissances, résolut d'élever à l'Eternel un temple que sonpère avoit projetté, mais que les guerres qu'il eut à soutenir contre ses voisins, ne lui permeirent pas de construire; il envoya prier Hiram, roi de Tyr, de lui fournir les matériaux nécessaires à cette entreprise: Hiram accepta cette proposition avec joie, il envoya un de ces hommes, rares dont le génie, I'intelligence, le goût, la supériorité des talens

 

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en fait d'architecture, et la vaste connoissance de l'essence des métaux, lui avoient acquis un tel degré de considération et de respect de la part du roi de Tyr, qu'il l'appeloit son père, parce qu'il se nommoit Hiram comme lui, quoiqu'il fût fils d'un Tyrien, et d'une femme de la tribu de Nephtalie.

«Salomon donna à Hiram, I'intendance et la conduite des travaux. Le dénombrement qui fut fait de tous les ouvriers, les porte à 183.300. L'histoire les nomme prosélytes, ce qui dans notre langue signifie étrangers admis, c'est-à-dire, initiés. Savoir: 30.000 hommes destinés à couper les cèdres sur le Liban, qui servoient par tiers pendant un mois; 70.000 apprentis, 80.000 compagnons et 3.300 maîtres. Les habitans du Mont-Cibel façonnoient les cèdres et tailloient les pierres.

«Les ouvriers, divisés en trois classes, avoient des mots, des signes et des attouchements pour se reconnoître entr'eux, et recevoir la paye proportionnée au genre de travaux auxquels ils étoient propres.

«Les apprentis recevoient leur salaire à la colonne de J.·. Ies compagnons, à celle B.·. et les maîtres, dans la chambre du milieu. Le nom de la colonne des apprentis préparation, et celle des compagnons signifie force. Les monumens historiques qui nous sont parvenus, nous aprennent que la colonne J fut placée au Nord, et celle B au Midi, près de la Porte d'Occident.

«On entroit dans le temple par trois portes: celle destinée aux apprentis et par la suite au temple, étoit à l'occident; celle destinée aux compagnons, et après l'achèvement du temple aux lévites étoit au Midi; et celle destinée aux maîtres et par la suite aux pontifes, étoit à l'Orient.

«Aussitôt que les portes furent posées, Salomon fit publier une ordonnance, par laquelle il était enjoint à tous les

 

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apprentis et compagnons, de sortir du temple la veille du sabbat, et de n'y rentrer que le lendemain du sabbat au matin, à l'ouverture des portes, sous peine d'être puni de mort.

«L'ordre qui avoit été établi parmi les ouvriers devoit nécessairement assurer la tranquilité; la dernière ordonnance de Salomon avoit pour but d'empêcher qu'on éludât, sous aucun prétexte, I'observation du sabbat: tout répondoit aux vux de Salomon, par les soins et la vigilence d'Hiram; le temple prenoit chaque jour un nouvel accroissement, lorsque tout à coup un crime affreux vint suspendre les travaux, et jetter un deuil universel. Trois compagnons mécontens de leur paye, formèreut le projet d'obtenir celle de maître, à l'aide des signe, parole et attouchement, qu'ils espéroient se procurer à force ouverte.

«lls avoient remarqué qu'Hiram visitoit tous les soirs les travaux, après que les ouvriers étoient retirés: ils se mirent en embuscade aux trois portes du temple: I'un s'arma d'une règle, l'autre d'un levier ou pince, et le troisième d'un fort maillet.

«Hiram, s'étant rendu dans le temple par une porte secrette, dirigea ses pas vers la porte d'Occident; il y trouva un des compagnons, qui lui demanda les mot, signe et attouchement de maître, et le menaça de le tuer s'il ne les lui donnoit. Hiram lui dit: «Malheureux ! Que fais-tu ? Tu sais que je ne peux, ni ne dois te les donner; ce n'est pas ainsi que je les ai reçus; efforces-toi de les mériter, et tu peux être assuré de les obtenir». A l'instant le traître veut lui décharger sur la tête, un coup violent de la règle qu'il tenoit, mais le mouvement d'Hiram pour parer le coup, fit qu'il ne porta que sur l'épaule».

Dans ce moment, le F.·. Expert fait faire au Candidat un des trois pas mystérieux: il consiste à passer le pied droit

 

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par-dessus la représentation, diagonalement de l'Occident où il est placé, au Midi, tenant la jambe gauche en équerre à la hauteur du gras de la jambe, et restant quelques instans sur la jambe droite. Le F.·. Expert soutient le Candidat en cette posture en lui donnant la main.

A l'instant où le Récipiendaire fait le premier pas, le F.·.de la colonne du Midi qui avoit le rouleau, lui en donne un coup léger, mais sensible, sur l'épaule droite.

Le T.·. R.·. continue:

«Hiram voulut chercher son salut dans la fuite, et tenta de sortir par la mode du Midi, il y trouva un autre compagnon, qui lui fit la même demande avec la même menace; mais à l'instant où il voulut s'enfuir, le compagnon le poursuivit et lui déchargea un grand coup de levier, qui ne l'atteignit que sur la nuque du cou».

On fait faire en ce moment au Récipiendaire le second pas mystérieux, il passe la jambe gauche par-dessus la représentation, diagonalement du Midi au Nord, et tenant la jambe droite en équerre contre le molet de la gauche.

Pendant ce passage, un F.·. de la colonne du Nord, donne sur la nuque du Récipiendaire, un léger coup de rouleau dont il s'étoit muni.

On lui fait faire le troisième pas, en portant la jambe droite au bas de la représentation, où il vient joindre les deux pieds

en équerre. Aussitôt, deux Frères saisissent le Récipiendaire chacun par un bras, portant l'autre main sur sa poitrine, et posant chacun un pied derrière les talons du récipiendaire: pendant ce temps-là, le F.·. qui étoit couché se retire sans bruit, de manière que le Récipiendaire ne puisse s'apercevoir de rien et laisse à terre le voile dont il étoit couvert.

 

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Le T.·. R.·. quitte sa place, vient près du Candidat, et continue:

«Ce coup mal dirigé ne fit qu'étourdir notre Respectable Maître, qui cependant eut assez de force pour courir vers la porte d'Orient, où il trouva le troisième compagnon, qui lui fit encore la même demande et les mêmes menaces, et sur son refus lui porta un grand coup de maillet sur le front et l'étendit mort».

Le T.·. R.·. donne sur le front du Récipiendaire, un coup de maillet, qu'il avoit tenu caché; aussitôt les deux Frères qui tenoient l'Aspirant, le poussent et le renversent, avec précaution, sur le dos.

C'est au F.·. Expert ou au Maître des cérémonies à remplir cet office; mais il est à propos d'en charger deux Frères assez forts pour renverser le Récipiendaire, en soutenant le poids de son corps, de peur qu'il ne soit blessé.

Le Récipiendaire doit être couché, comme l'étoit le F.·. qui occupoit sa place: il a la tête un peu élevée et posée sur un coussin; il aura la jambe gauche étendue, la droite repliée en équerre; le genou élevé, le bras gauche étendu, et le droit aussi plié en équerre; la main sur le cur, l'ordre de compagnon, et reouverte de son tablier; enfin, on étendra sur lui le voile noir, de manière qu'il ait le visage découvert.

Chacun reprend sa place: on allume les neuf bougies, et on éteint les lampes.

S'il avoit quelqu'autre F.·. à admettre au grade de maître, on n'allumeroit pas les bougies, et on procéderoit à sa réception; bien entendu qu'avant tout, on aurait voté sur l'admisssion de chacun, comme on l'a dit d'un seul. Le F.·. qui vient d'être couché resteroit en place, comme étoit le dernier

 

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maître avant lui, et lors du renversement du suivant, le précédent se placeroit sur une colonne.

S'il n'y avoit qu'une réception, ou lorsqu'on est parvenu à la dernière, on fait allumer comme on l'a dit, des bougies, et le T.·. R.·. continue:

«Mes Frères, le désordre s'est glissé dans nos travaux, la tristesse est peinte dans les yeux de tous les ouvriers; il ne nous est pas permis de douter que notre respectable Maître Hiram ne soit mort: mettons nous donc à la recherche de son corps, et tâchons par notre zèle et par nos soins de le découvrir.

«F.·. second Surveillant, prenez avec vous deux maîtres, et faites la recherche par le Nord.

Le F.·. second Surveilant prend avec lui deux Frères, ils font le tour de la Loge en commençant par le Nord, et sondant le terrain avec la pointe de leur glaive.

De retour à l'Occident, le second Surveillant frappe un coup, et dit : «T.·. R.·. , nos recherches ont été vaines».

Le T.·. R.·. frappe un coup, et dit:

«F.·. premier Surveillant, prenez avec vous deux Frères, et faites la recherche par le Midi».

Le premier Surveillant désigne deux Frères, avec lesquels il fait le tour de la Loge en commençant par le Midi, sondant la terre avec la pointe de leur glaive. De retour à l'Occident le premier Surveillant frappe un coup, et dit : «T.·. R.·. , nos recherches ont été vaines».

Le T.·. R.·. frappe un coup de maillet, et dit:

«Frères premier et second Surveillans, invitez les Frères qui vous ont déjà accompagnés, à se joindre de nouveau à vous; je vais me faire accompagner de deux Frères, et tous de concert, nous ferons une recherche plus attentive: puis-

 

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sions-nous être assez heureux pour faire cette importante découverte».

Ces FF.·. au nombre de neuf, font le tour de la Loge dans l'ordre qui suit: Le second Surveillant, suivi de deux maîtres de sa colonne, part le premier par le Midi; le premier Surveillant, suivi des deux autres maîtres de sa colonne, part par le Nord.

Ils font ainsi le tour en se croisant; quand ils sont parvenus à l'Orient, le T.·. R.·. se joint à eux, avec deux maîtres qu'il désigne, et tous font trois fois le tour de la Loge, en cherchant et sondant le terrain avec la pointe de leur glaive.

Au second tour, le Second Surveillant s'arrête et dit: «T.·.R .·., je vois une vapeur s'élever d'un petit espace de terrein: approchons».

Ils font un troisième tour, après lequel le T.·. R.·. s'arrête en face du tableau, à l'angle où sont représentés un monticule et une branche d'acacia.

Nota : il seroit beaucoup mieux d'avoir une branche d'acacia naturelle dans l'été, ou artificielle pour l'hiver, et de la donner à tenir au récipiendaire, au moyen d'un trou pratiqué au voile à l'endroit où est la main droite.

 

Le premier Surveillant dit: «T.·. R.·. , la terre me paroît fraîchement remuée en cet endroit; nous pourrions bien trouver ici l'objet de nos recherches».

Le T.·. R .·. feint de s'appuyer sur la branche d'acacia, et dit : «V.·. M.·. , cette branche n'est pas crûe en cet endroit : ceci me paroît suspect, et je pense que nos recherche ne seront pas vaines.

«Il se pourroit que les assassins eussent à force de tourmens arraché de notre R.·. M.·. le mot et le signe de M.·., n'êtes-vous pas d'avis que le premier signe, que l'un de nous fera,et le premier mot qu'il prononcera, si nous trouvons le corps

 

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d'Hiram, soient désormais le mot et le signe de reconnoissance des maîtres».

Tous donnent le signe d'approbation, et laissent tomber la main droite sur la cuisse.

Le T.·. R.·. lève la pointe de son glaive, qu'il tient de la main gauche, alnsl que les huit autres frères, une partie du voile qui couvre le Récipiendaire; aussitôt ils font le signe d'horreur.

Le second Surveillant s'approche, prend l'index du Réciplendaire, le laisse aller, en disant J.·. (le mot d'apprenti) et fait un pas en arrière en faisant le signe d'horreur.

Le premier Surveillant s'approche ensuite, prend le second doigt ou médlus du récipiendaire, le tire à lui, et le laisse glisser en disant B.·. (le mot de compagnon) il fait un pas en arrière avec le signe d'horreur.

Le T.·. R.·. s'approche du Récipiendaire, et dit en faisant le signe d'horreur, et reculant un pas:

«Frères Surveillans, qui a dérangé le corps de Respectable Maître ?»

Le second Surveillant dit: «T.·. R.·. , j'ai cru pouvoir le relever par l'attouchement d'apprenti, mais la chair quitte les os».

Le premier Surveillant dit: «T.·. R,.·. j'ai cru pouvoir le relever par l'attouchement de compagnon, mais la chair quitte les os».

Le T.·. R.·. dit:

«Ne savez-vous pas que vous ne pouvez rien sans moi, et que nous pouvons tout à nous trois».

Il s'approche du Récipiendaire, pose le pied droit contre le sien genou contre genou; de la main droite il lui embrasse le poignet, de façon que les paumes des deux mains soient

 

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l'une contre l'autre, et lui passe le bras gauche sous l'épaule gauche, ayant par ce moyen estomac contre estomac; puis à l'aide des deux Surveillans, il le relève et lui dit à l'oreille, en lui donnant l'accolade par trois, les trois syllabes du mot M.·. B.·. N .·.

Tous les Frères reprennent leur places.

Le T.·. R.·. retourne à la sienne.

Le F.·. M.·. des cérémonies conduit le Récipiendaire au pied de l'autel, où, ayant un genou en terre, il prononce l'obligation suivante.

Tous les FF.·. sont debout, à l'ordre, et glaive en main.

 

OBLIGATION

Je jure et promets, en présence du G.·. A.·. de l'U.·. , sur ma parole d'honneur et sur la foi de Maçon, devant cette R.·. assemhlée, de ne révéler en aucune manière, à aucun compagnon, apprenti ou profane, aucun des secrets de la maîtrise, qui m'ont été et vont m'être ccnfiés, sous les peines auxquelles je me suis soumis par mes premières ohligations. Je réitère en ce moment tous les engagemens que j'ai déjà contractés dans l'Ordre.

Que le G.·. A.·. de l'U.·. me soit en aide.

Après l'obligation, le T.·. R.·. dit:

«A la G.·. du G.·. A.·. de l'U.·. , au nom du G.·. O.·. de France, en vertu des pouvoirs qui m'ont été confiés par cette R.·. L.·. , je vous reçois maître Maçon».

Il pose son glaive sur la tête du Récipiendaire, et frappe dessus, suivant la batterie du grade.

Le récipiendaire se relève. Le T.·. R.·. Iui dit:

«Mon Frère, nous avons pour nous reconnoître dans ce grade, ainsi que dans les précédens, un mot sacré, un mot de passe, un signe et un attouchement.-

 

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«Le signe se fait comme il a été dit ci-devant, il peint l'horreur dont les maîtres furent frappés au premier aspect du cadavre d'Hiram.

«La parole sacrée, est celle que je vous ai donnée à l'oreille en vous relevant; on la donne en recevant et donnant l'accolade en trois temps, une syllabe à chaque temps: elle signifie, la chair quitte, les os.

«Le mot de passe est Giblin, c'est le nom des habitans du Mont-Cibel, qui tiroient les pierres de la carrière et façonnoient les cèdres, pour la construction du temple.

«Comme maître, vous vous appellerez Gabaon; l'attouchement est celui que je vous ai donné en vous relevant, avec cette différence que vous devez saisir le poignet comme on a saisi le vôtre.

«Si un Maçon se trouve en péril, il doit porter les mains jointes sur sa tête, le plat de la main vers le ciel. et dire:

«A moi, les E.·. D.·. L.·. V.·.

«L'ordre du grade est d'étendre la main, les quatre doigts serrés, le pouce écarté, et posé sur le cur.

« On ne doit prononcer la parole sacrée, et donner l'attouchement, qu'en Loge de Maître, et après s'être assuré que

celui qui vous la demande est maître».

Le T.·. R.·. met ensuite au nouveau maitre le tablier de son grade, et lui dit :

«Vous porterez désormais la bavette abaissée. La couleur bleue dont il est bordé doit vous rappeler sans cesse qu'un Maçon doit tout attendre d'en haut, et que c'est en vain que les hommes prétendent construire, si le G.·. A.·. ne daigne construire lui-même».

Il lui rend son épée en lui disant:

«Vous connoissez l'usage que vous devez faire de ce glaive».

 

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Il lui rend son chapeau en disant:

«Désormais vous serez couvert en Loge de maître, cet usage très ancien annonce la liberté et la supériorité. Jusqu'ici, vous avez servi comme apprenti et compagnon: vous allez commander; mais craignez d'en abuser».

Le T.·. R.·. frappe un coup, et dit:

«F.·. premier Surveillant, je vous envoie le nouveau maître, afin que vous lui enseigniez à travailler en maître, et que vous le reconnoissiez en sa nouvelle qualité».

Le Maître des cérémonies le conduit entre les Surveillans.

Le premier Surveillant lui fait frapper trois coups sur chacune des trois portes représentées sur le tableau, à l'Orient, à l'Occident et au Midi, puis il reçoit de lui les mots, signes et attouchement. Enfin, il frappe un coup après que le second Surveillant a pareillement reçu du Récipiendaire ces mots, signes et attouchement, et dit:

«T.·. R.·. , le F.·. est reconnu; il a travaillé en maître».

Le T.·. R.·. ordonne au Maître des cérémonies de le faire placer en tête d'une des colonnes, après quoi il continue le discours sur le grade, et adressant la parole au F.·. nouvellement reçu:

«Mon Frère, les compagnons n'eurent pas plutôt commis leur crime, qu'ils en sentirent toute l'énormité. Afin d'en dérober la trace, s'il étoit possible, ils emportèrent le corps d'Hiram à quelque distance des travaux, et l'enterrèrent dans une fosse faite à la hâte, se promettant de le venir prendre au premier moment favorable, et de le transporter bien loin: et pour reconnoitre facilement l'endroit, ils y plantèrent une branche d'acacia.

«Les maîtres s'aperçurent bientôt de l'absence d'Hiram,

 

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ils en avertirent Salomon, qui, pour satisfaire son impatience, en ordonna la recherche.

«Trois maîtres partirent par la porte du Nord, trois par la porte du Midi, et trois par celle d'Occident. Ils convienrent de ne pas s'écarter les uns des autres, plus loin que la portée de la voix. Au lever du Soleil, I'un deux apperçut une vapeur qui s'élevoit dans la campagne, à quelque distance; ce phénomène fixa son attention; il en fit part aux autres maîtres, et tous s'approchèrent de l'endroit d'où sortait la vapeur. Au premier aspect ils virent une petite élévation, ou tertre, et reconnurent que la terre avoit été fraîchement remuée, ce qui confirma leur soupçon; la branche d'acacia qui céda aux premiers efforts, ne leur permit plus de douter qu'elle ne servît d'indice pour reconnoître l'endroit: ils se mirent à fouiller, et bientôt ils trouvèrent le corps de notre R.·. M.·. déjà corrompu, et reconnurent qu'il avoit été assassiné.

«Il étoit à craindre que les assassins n'eussent à force de tourmens, arraché à Hiram; les signes et mots de maître: ils convinrent donc, que le premier signe et premier mot qui leur échapperoient lors de l'exhumation, seroient par la suite, le signe et le mot de reconnoissance parmi les maîtres. «lls se revêtirent de tabliers et de gants de peau blanche, pour témoigner qu'ils n'avaient point trempé leurs mains dans le sang innocent, et députèrent l'un deux à Salomon pour l'instruire de la découverte du corps d'Hiram.

«Salomon instruit du crime affreux qui l'avoit privé d'un ami et du chef des travaux, à la perfection desquels il mettoit toute son ambition, se livra à la plus vive douleur: il déchira ses vêtemens et jura qu'il tireroit une vengeance éclatante d'un forfait aussi noir.

«Il ordonna un deuil général parmi les ouvriers du temple.

 

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Il envoya exhumer le corps, avec pompe, par des maîtres; lui fit de magnifiques funérailles, et le mit dans un tombeau de trois pieds de large, sur cinq de profondeur et sept de longueur; il fit incruster dessus un triangle de l'or le plus pur, et fit graver au milieu du triangle, I'ancien mot de maître, qui étoit un des noms hébreux du G.·. A.·. de l'U,.·. et ordonna que les mot, signe et attouchement seroient changés, et qu'on y susbtitueroit ceux dont les neuf maîtres étoient convenus.

«Il vous est aisé de croire maintenant de saisir l'analogie des épreuves par lesquelles vous venez de passer, avec le récit historique des circonstances duquel elles sont l'emblême.

«Pour peu que vous ayez réfléchi aux différentes circonstances qui vous ont été accomgné votre réception, aux grades auxquels vous avez été admis, peut-être aurez-vous remarqué quelques points qui paraissent se contredire, ou dumoins n'avoir pas entr'eux une parfaite connexité ; suspendez encore votre jugement à cet égard. Cette diversité vient de celle des objets que les trois premiers grades vous présentent. Ils sont les points fondamentaux de toutes connoissances maçonniques. Vous verrez par la suite, à force d'études et de recherches, ces contradictions apparentes s'évanouir. La réunion de toutes les connoissances, vous présentera un ensemble, lié, suivi, satisfaisant, et destiné à conduire aux objets les plus élevés. C'est assez que l'Ordre vous ait indiqué la route que vous avez à tenir.

Vous avez été traité en compagnon suspect; cela fait allusion aux Profanes ennemis de notre Ordre, qui le calomnient et le persécutent sans le connoître, et contre lesquels nous devons employer la force pour repousser leurs traits, la douceur pour les ramener à des sentimens plus modérés, et la prudence dans le choix des moyens qui y sont propres.

 

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«A peine vous êtes-vous justifié, que vos Frères se sont empressés de vous donner de nouvelles marques d'amitié, en vous admettant à la participation de leurs mystères les plus intimes; dès ce moment vous êtes parvenu dans l'intérieur.

«Les courses et les voyages sont l'emblème de la recherche du crime, et désignent l'état errant et vagabond du criminel qui cherche en vain à échapper aux remords et au châtiment.

«La marche mystérieuse est le symbole des efforts que fit Hiram pour se dérober aux coups des assassins.

«Les trois coups que vous avez reçu figurent ceux qui lui ont été portés: ils doivent vous faire sentir le danger de trois passions funestes dont l'homme est souvent aveuglé, l'orgueil, l'envie et l'avarice

«Ces mêmes épreuves sont encore l'emblême de la haute importance de nos mystères: elles doivent nous convaincre que toujours. en tous lieux, dans toutes les circonstances, nous devons être prêts à tout souftrir, comme notre R.·. M.·. Hiram plutôt que de révéler nos secrets et de manquer à nos engagemens.

«Enfin, elles sont encore des emblêmes allégoriques d'une infinité de connoissances, qu'une étude profonde peut seule vous procurer, et que je ne puis ni ne dois vous communiquer en ce moment.

«On vous a fait parvenir au septième degré troisième et nombre parfait de la maçonnerie; vous avez obtenu par-là l'âge de votre grade, gardez-vous de redescendre et de décheoir du nombre de perfection dont vous êtes décoré».

Le discours fini le T.·. R.·. dit:

«Vén FF.·. premier et second Surveillans, invitez les

 

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FF.·. qui décorent l'un et l'autre colonne à reconnoître à l'avenir le F.·. N.·. pour maître Maçon; qu'il soit reconnu comme tel par tous les Maçons répandus sur la surface de la terre».

Les Surveillans répètent.

Le T.·. R.·. dit

«Applaudissons, mes Frères».

On applaudit par la triple batterie d'apprenti.

Le Récipiendaire remercie.

Le T.·. R.·. fait couvrir l'applaudissement.

Tous les Frères mettent leurs glaives dans le fourreau, et s'asseyent.

Le T.·. R.·. fait l'instruction entière du grade.

Après l'instruction le T.·. R.·. .dit:

«Vén FF.·. premier et second Surveillans, demandez aux FF.·. de l'une et l'autre colonne s'ils n'ont rien à proposer».

Les Surveillans font l'annonce.

S'il y a quelque proposition on la discute, ou si elle est trop importante on la renvoie à une autre assemblée.

S'il n'y en a pas, le T.·. R.·. frappe un coup, et dit:

«A l'ordre, mes Frères».

Tous les FF.·. se tiennent debout, à l'ordre, tirent leurglaive qu'ils tiennent de la main droite, la pointe basse.

Le T.·. R.·. dit :

 

CLOTURE.

D. Vén.·. F.·. premier Surveillant, à quelle heure devons-nous fermer nos travaux ?

R. A minuit.

D. Quelle heure est-il ?

R. Minuit.

 

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Puisqu'il est minuit et que c'est l'heure à laquelle nous terminons nos travaux, FF.·. premier et second Surveillans, invitez les Frères à m'aider à fermer les travaux de M.·. , etc.»

Les Surveillans répètent l'annonce.

On ferme ensuite ceux de compagnon, et enfin ceux d'apprenti.

 

INSTRUCTION

D. V.·. F.·. premier Surveillant, êtes-vous maître ?

R. Eprouvez-moi, I'acacia m'est connu.

D. Où avez-vous été reçu ?

R. Dans la chambre du milieu.

D. Comment y êtes-vous parvenu ?

R. Par un escalier que j'ai monté par trois, cinq et sept.

D. Qu'avez-vous vu ?

R. Horreur, deuil et tristesse.

D. N'avez-vous rien apperçu de plus ?

R. Une lumière sombre éclairant le tombeau de notre R.·.M.·.

D. De quelle grandeur étoit-il ?

R. De trois pieds de largeur, de cinq de profondeur, et septde longueur.

D. Qu'y avoit-il dessus ?

R. Une branche d'acacia, dans la partie supérieure, un triangle d'or le plus pur, et le nom de l'Eternel gravé au centre.

D. Que vous est-il arrivé ?

R. J'ai été soupçonné d'un crime horrible.

D. Qui vous a rassuré ?

R. Mon innocence.

 

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D. Comment avez-vous été reçu ?

R. En passant de l'équerre au compas.

D. Que cherchiez-vous dans cette route ?

R. La parole de maître, qui étoit perdue.

D. Comment fut-elle perdue ?

R. Par trois grands coups sous lesquels j'ai succombé.

D. Qui vous a secouru ?

R. La main qui m'avoit frappé.

D. Comment cela ?

R. Je ne le dirai jamais qu'en secret à un de mes égaux, et lorsque j'y serai obligé.

D. Qu'avez-vous appris ?

R. Les circonstances de la mort de notre R.·. M.·. Hiram, qui fut assassiné dans le Temple, par trois compagnons qui vouloient lui arracher la parole de maître, ou lui ôter la vie.

D. Que firent les maîtres pour se reconnoître après la mort de notre R.·. M.·. Hiram ?

R. Ils convinrent que le premier mot qui seroit prononcé, et le premier signe qui seroit fait au moment de la découverte du corps d'Hiram seroient substitués aux anciens mot et signe.

D. Quels furent les indices de la découverte du corps de notre R.·. M .·.

R. Une vapeur de la terre nouvellement remuée, et une branche d'acacia.

D. Que fit-on du corps après l'avoir trouvé ?

R. Salomon le fit inhumer avec pompe.

D. Qu'étoit le maître Hiram ?

R. Il étoit Tyrien, et fils d'une veuve de la tribu de Nephtalie.

D. Quel est le nom d'un maître Maçon '?

R. Gahaon.

 

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D. Comment voyagent les maîtres ?

R. De l'Occident à l'Orient, et sur toute la surface de la terre.

D. Pourquoi ?

R. Pour répandre la lumière, et rassembler ce qui est épars.

D. Sur quoi travaillent les maîtres ?

R. Sur la planche à tracer.

D. Où reçoivent-ils leur récompense ?

R. Dans la chambre du milieu.

D. Que signifient les neuf étoiles ?

R. Le nombre des maîtres envoyés à la recherche du corps d'Hiram.

D. Si un maître étoit perdu, où le trouveriez-vous ?

R. Entre l'équerre et le compas.

D. Quelles sont les véritables marques d'un maître ?

R. La parole, et les cinq points parfaits de la maîtrise.

D. Si un maître se trouve en danger de la vie, que doit-il faire ?

R. Le signe de détresse, en disant: à moi, les enfans de la veuve !

D. Comment se fait-il ?

R. (Il le fait)

D. Pourquoi dit-on les enfans de la veuve ?

R. C'est que tous les Maçons se disent enfans d'Hiram.

R. Quel est l'âge d'un maître ?

R. Sept ans et plus.

D. Pourquoi dites-vous sept ans et plus ?

R. C'est que Salomon employa sept ans et plus à la construction du Temple.

D. Que signifie le mot de passe ?

R. C'est le nom d'une montagne d'où Salomon fit tirer les pierres pour la construction du Temple.

[Fin du rituel]

 

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